Crampes en Course : 6 Causes et Solutions (2026)
Performance6 min03 Janvier 2026

Crampes en Course : 6 Causes et Solutions (2026)

C'est le kilomètre 35 de votre marathon. Vous êtes en plein effort, et soudain : votre mollet se contracte violemment. La douleur est insupportable. Vous vous arrêtez, vous étirez, vous massez, ça passe... et 500 mètres plus loin, ça revient.

Vous pestez contre votre « manque de magnésium » ou votre « mauvaise hydratation ». Mais en réalité, les crampes d'effort n'ont rien à voir avec ces facteurs.

Dans cet article, vous allez découvrir ce que dit réellement la science sur les crampes musculaires en course à pied, pourquoi les explications classiques (magnésium, déshydratation) sont des mythes, et le protocole préventif qui marche vraiment.

1. Qu'est-ce qu'une crampe musculaire ?

Une crampe est une contraction musculaire involontaire, intense et douloureuse. Elle survient brutalement, dure de quelques secondes à plusieurs minutes, et disparaît spontanément (ou après étirement).

Les 2 types de crampes

1. Crampes de repos (nocturnes)
Surviennent la nuit, au lit, souvent sur le mollet. Causes : déshydratation, déficit en minéraux, circulation sanguine, position prolongée.

2. Crampes d'effort (ou crampes associées à l'exercice - EAMC en anglais)
Surviennent pendant ou juste après un effort intense. Ce sont celles qui nous intéressent ici.

Le saviez-vous ?

Environ 30 à 67% des coureurs de marathon rapportent avoir eu des crampes pendant ou après la course. C'est une des causes les plus fréquentes d'abandon ou de contre-performance en fin de course.

2. Le mythe du magnésium et de la déshydratation

Pendant des décennies, on a cru que les crampes d'effort étaient causées par :

  • Un déficit en électrolytes (magnésium, potassium, sodium).

  • Une déshydratation.

Problème : Les études scientifiques récentes ont démontré que ces facteurs ne sont PAS la cause principale des crampes d'effort.

Ce que disent les études

Étude 1 (Ironman) : Des chercheurs ont comparé les taux sanguins de sodium, potassium, magnésium et le niveau d'hydratation entre des athlètes qui ont eu des crampes et ceux qui n'en ont pas eu. Résultat : Aucune différence significative.

Étude 2 (Marathon) : Les coureurs qui finissent déshydratés (perte de 4% du poids corporel) n'ont pas plus de crampes que ceux bien hydratés.

Étude 3 (Supplémentation) : Donner du magnésium ou des électrolytes avant un effort ne réduit pas le risque de crampe.

Conclusion : La théorie du « déficit en électrolytes » est un mythe. Les crampes d'effort ont une autre origine.

3. La vraie cause : la fatigue neuromusculaire

La théorie moderne, validée par de nombreuses études, est la suivante :

Les crampes d'effort sont causées par une altération du contrôle neuromusculaire due à la fatigue.

Le mécanisme

Normalement, vos muscles sont régulés par deux systèmes :

  1. Les fuseaux neuromusculaires : Capteurs qui détectent l'étirement du muscle et déclenchent la contraction (réflexe myotatique).

  2. Les organes tendineux de Golgi : Capteurs qui détectent la tension excessive et inhibent la contraction (protection).

Quand vous êtes fatigué :

  • Les fuseaux neuromusculaires deviennent hyperexcitables (ils déclenchent des contractions plus facilement).

  • Les organes tendineux de Golgi deviennent moins sensibles (ils inhibent moins la contraction).

Résultat : Le muscle se contracte de manière incontrôlée → crampe.

Les facteurs qui favorisent cette fatigue neuromusculaire

1. Intensité élevée prolongée
Courir au-dessus de votre seuil pendant longtemps (ex : marathon couru trop vite pour votre niveau).

2. Manque de préparation spécifique
Votre corps n'est pas habitué à l'effort demandé (ex : premier marathon sans entraînement suffisant).

3. Position de raccourcissement musculaire prolongée
Courir avec une foulée courte et rapide en fin de course (mollet constamment en position courte).

4. Antécédents de crampes
Si vous avez déjà crampes, vous êtes plus susceptible d'en avoir à nouveau (sensibilisation neuromusculaire).

Conseil du kiné :

Les crampes surviennent rarement au début de l'effort. Elles apparaissent quand le muscle est fatigué et perd son contrôle neuromusculaire. C'est pourquoi elles touchent surtout les coureurs en fin de marathon ou lors d'efforts intenses prolongés.

4. Le protocole préventif scientifiquement validé

Si les crampes ne sont pas dues au magnésium ou à la déshydratation, comment les prévenir ?

Stratégie 1 : Entraînement spécifique en fatigue

Principe : Habituez votre système neuromusculaire à fonctionner en fatigue.

Comment ?

  • Sorties longues à allure marathon : Entraînez-vous régulièrement sur des distances de 25-30 km à l'allure cible de votre marathon.

  • Entraînement en fatigue cumulée : Faites des sorties longues le dimanche après une semaine chargée (simulation de la fatigue du kilomètre 30).

  • Séances de fractionné long : 5 x 2 km à allure semi-marathon.

Objectif : Renforcer la résistance à la fatigue neuromusculaire.

Stratégie 2 : Renforcement musculaire excentrique

Le travail excentrique (freiner le mouvement) améliore la tolérance du muscle à la fatigue et réduit l'hyperexcitabilité neuromusculaire.

Exercices clés :

  • Descentes de marche avec poids (quadriceps, mollets).

  • Squats excentriques lents (6 secondes de descente).

  • Montées sur pointe bilatérales, descentes unilatérales lentes (mollets).

Fréquence : 2 séances par semaine.

Stratégie 3 : Étirements dynamiques avant l'effort

Contrairement aux étirements statiques (qui n'ont pas d'effet sur les crampes), les étirements dynamiques préparent le système neuromusculaire.

Exemples :

  • Montées de genoux alternées.

  • Talons-fesses.

  • Fentes avant avec rotation du tronc.

Objectif : Activer les fuseaux neuromusculaires et les organes tendineux de Golgi.

Stratégie 4 : Ne pas courir trop vite pour votre niveau

Règle d'or : Si vous n'avez jamais couru plus de 20 km à 5 min/km à l'entraînement, ne partez pas à 4'45/km sur un marathon. Vous allez saturer votre système neuromusculaire → crampes garanties au km 30.

Stratégie 5 : Pickle juice (jus de cornichon) – L'astuce qui marche

C'est surprenant, mais c'est validé par la science.

Étude : Des chercheurs ont démontré que boire 70-100 ml de jus de cornichon (pickle juice) arrête une crampe en 35 secondes (vs 2 minutes avec de l'eau).

Mécanisme : Ce n'est pas dû aux électrolytes (pas le temps d'être absorbé). C'est dû à un réflexe neurologique déclenché par l'acidité du vinaigre. Le réflexe « calme » l'hyperexcitabilité des fuseaux neuromusculaires.

Application pratique : Emportez un petit flacon de jus de cornichon dans votre poche pour un marathon. Dès les premiers signes de crampe, buvez une gorgée. Ça ne prévient pas, mais ça soulage rapidement.

Stratégie 6 : Hydratation et électrolytes (mais pas pour les raisons qu'on croit)

Même si la déshydratation ne cause pas les crampes, rester hydraté et maintenir un bon équilibre électrolytique reste important pour la performance globale.

Recommandations :

  • Buvez selon votre soif (ne vous forcez pas à boire 1L/h si vous n'avez pas soif).

  • Utilisez des boissons isotoniques (sodium, glucides) en marathon.

  • Évitez la surhydratation (risque d'hyponatrémie).

5. Que faire si vous crampez en pleine course ?

Vous êtes en train de courir, et la crampe arrive. Que faire ?

Protocole d'urgence

Étape 1 : Arrêtez-vous immédiatement
Ne forcez pas. Vous risquez une déchirure musculaire.

Étape 2 : Étirez le muscle crampe en douceur

  • Crampe au mollet : Tenez-vous debout, jambe tendue, ramenez la pointe du pied vers vous.

  • Crampe à l'ischio-jambier : Allongez-vous sur le dos, jambe tendue vers le plafond, tirez doucement vers vous.

Étape 3 : Massez légèrement
Pétrissez le muscle doucement pour détendre les fibres.

Étape 4 : Buvez une gorgée de pickle juice (si vous en avez)
Effet rapide (35 secondes).

Étape 5 : Reprenez progressivement
Marchez 1-2 minutes, puis reprenez la course lentement. Réduisez votre allure.

Peut-on continuer après une crampe ?

Oui, dans la plupart des cas. Mais :

  • Ralentissez votre allure (pour réduire la fatigue neuromusculaire).

  • Raccourcissez légèrement votre foulée.

  • Hydratez-vous régulièrement.

6. Les crampes à répétition : quand consulter ?

Si vous avez des crampes à chaque course, même sur des distances courtes (10 km), ou si elles surviennent au repos régulièrement, consultez.

Causes possibles non liées à l'effort :

  • Troubles neuromusculaires (sclérose latérale amyotrophique, neuropathies).

  • Troubles métaboliques (hypothyroïdie, diabète).

  • Effets secondaires de médicaments (diurétiques, statines).

Un bilan médical complet est recommandé.

FAQ : Vos questions fréquentes

Le magnésium ne sert vraiment à rien contre les crampes ?

Pour les crampes d'effort (pendant la course), non. Les études montrent qu'il n'a pas d'effet préventif. Pour les crampes nocturnes, c'est différent : une supplémentation peut parfois aider.

Est-ce que les boissons énergétiques préviennent les crampes ?

Elles maintiennent vos réserves de glucides et d'électrolytes, ce qui améliore votre performance globale et retarde la fatigue. Indirectement, cela peut réduire le risque de crampe. Mais elles ne préviennent pas directement.

Faut-il s'étirer après la course pour éviter les crampes le lendemain ?

Les étirements post-course n'ont pas d'effet prouvé sur les crampes. Mais ils peuvent améliorer la récupération musculaire globale. Faites-les si vous vous sentez bien, mais ne comptez pas uniquement sur eux.

Pourquoi certaines personnes crampent plus que d'autres ?

Certaines personnes ont une susceptibilité neuromusculaire plus élevée (hérédité, antécédents). Si vous êtes sujet aux crampes, misez tout sur l'entraînement spécifique en fatigue et le renforcement excentrique.

Le froid ou le chaud aide-t-il contre les crampes ?

Aucun effet prouvé. Mais un massage léger avec du chaud peut détendre le muscle psychologiquement. Le froid n'a aucun intérêt.

Conclusion

Les crampes d'effort en course à pied ne sont pas dues à un manque de magnésium ou à la déshydratation. Elles sont causées par une altération du contrôle neuromusculaire due à la fatigue.

La meilleure prévention ? Entraînez-vous spécifiquement à courir longtemps à allure cible, renforcez vos muscles en excentrique, et ne partez pas trop vite le jour J.

Et si vous crampez en course : pickle juice, étirement doux, et ralentissement de l'allure.

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